L'apparition de Public, chez Hachette en 2003, puis de Closer, chez Emap en 2005, a sacrément boosté la concurrence.Explication selon le directeur de la stratégie du groupe Figaro-Express-Expansion (Socpresse/Dassault), Luciano Bosio: "Quand il y a des entrants, il y a beaucoup d'émulation. On s'emballe car il y a un phénomène physique d'exposition dans les points de vente, la publicité".
Pour lui, ces titres "ont amené en France une déclinaison assez nouvelle, très britannique", après une presse people à la française incarnée par Filipacchi puis à l'allemande avec Voici et Gala.
Patrick Cau, éditeur de Voici et Gala (Prisma), remarque pour sa part que c'est en été que la presse people bondit de 20 à 30%.
Une période de l'année où la concurrence a fait rage en 2005: Closer a annoncé un 7e numéro (1-7 août) à plus de 640.000 exemplaires et Voici (Prisma Presse) a répliqué, rappelant son leadership, avec 498.859 exemplaires en moyenne et "plus de 700.000 exemplaires" sur juillet-août . Ce qui équivaut à une performance de plus 13% par rapport à l'été 2004. Quant à Gala, il n'est pas resté à la traîne avec ses 520.000 exemplaires pour le numéro avec les Sarkozy en couverture.
L'affaire Marquay-Pernaut et la séparation annoncée des époux Sarkozy ont alimenté le feuilleton de l'été, suscitant une surenchère dans la presse people, mais, chose nouvelle et qui tend à se généraliser, également dans la presse traditionnelle comme Télé 7 jours ou France Soir.
Interrogé sur la couverture de Paris Match, montrant Cécilia Sarkozy avec Richard Attias (508.000 exemplaires vendus, soit la seconde meilleure vente derrière la mort de Jean Paul II avec 570.000 exemplaires, alors qu'en 3e position, arrive l'enfant caché du prince Albert de Monaco avec 489.000), M.Bosio met l'accent sur ce qu'il appelle "un tabou assez français". Il entend par là "que les anglo-saxons n'ont jamais pensé que la vie privée des hommes publics était un tabou, le sud de l'Europe non plus, avec beaucoup moins de méchanceté et plus de connivence". Dans ce cas, il faisait notamment allusion à l'affaire Lewinsky aux USA ou plus récemment l'affaire Blunkett en Grande-Bretagne.
"La mondialisation fait tomber les tabous et les résistances. Le choix d'en parler, d'en faire une couverture à Match est un tournant", estime M.Bosio. Il estime que le réel changement s'est produit avec la publication des photos de Mazarine Pingeot, fille cachée de François Mitterrand, dans Paris Match. Patrick Cau prend, lui, l'exemple des photos de l'ancien président socialiste sur son lit de mort en 1996.
Sur la "peoplisation" de la presse, Luciano Bosio pense que c'est la télé qui est à l'origine du résultat. Il explique que "généralement, la presse est à l'origine de la plupart des courants de traitement de l'information, mais elle est un peu suiviste par rapport à la télévision"
Patrick Cau pense que "la peoplisation ne date pas d'hier". Il cite ainsi l'interview du Monde de Johnny Hallyday ou les couvertures people du magazine Elle voire le recours des titres de cuisine à certains people.
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Avec des tirages en augmentation constante, la presse people ne s'est jamais aussi bien portéeRelayées par la télévision ou la presse généraliste, qui se "peopolise", les histoires sur les vies des stars, starlettes et autres princesses fleurissent dans la presse.
Si d'aucuns avouent feuilleter Voici ou Paris-Match chez leur coiffeur, d'autres ne cachent pas attendre impatiemment la sortie en kiosque de leur magazine préféré et ses bonnes feuilles.
Démêlés conjugaux, mariages ou reconnaissance de paternité, les personnalités du petit écran, les stars ou les politiques ont alimenté les feuilletons de l'été de la presse. Photos de connivence ou photos trash volées au téléobjectif par des paparazzi aux aguets...
Si la presse généraliste a vu ses ventes reculer de 0,5% en 2004, on ne peut pas en dire autant de la presse people qui, elle, a progressé 4,1% et revendique quelque 12 millions de lecteurs hebdomadaires. Ainsi, l'an passé, 3 millions de magazines et féminins people ont été vendus chaque semaine. Une manne.
Le lectorat décomplexé de ces magazines a souvent moins de 30 ans. Génération brouillée avec la politique et les institutions et tournée, selon L'Express, vers la téléréalité et des journaux distillant l'image d'un monde de tous les possibles.
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